Yoho,


Comme promis, avant de partir au labo, ce matin,
un petit up' au Quai des Nocturnes pour la petite traduction de la semaine (dernière).

Je vous raconterai lorsque j'aurai un peu plus de temps,
les péripéties de ce week-end assez épique en famille (et en costume). ^^"

En attendant, voici donc le texte du jour "Marosuli di Focu",
signé par L'Arcusgi, qui dénonce ainsi, via le regard d'un vieil homme
spectateur impuissant, le désastre de flammes qui vient ravager le maquis,
comme chaque été en Corse et dans le Sud de la France.

Je partage les craintes de cet homme, sa révolte lorsque ces étincelles
embrasent des terres parmi les plus belles du monde, lorsqu'elles réduisent
en cendres un pareil patrimoine, sacageant des trésors façonnés par la nature,
en mettant de surcroît la vie d'autrui en danger.

En même temps, cette chanson me renvoie à l'un des personnages
les plus complexes et enigmatiques de mes histoires :
Angelù (Anghjulu Ghjiacumini), dont le corps et le coeur
sont en permanence rongés par les flammes,
tout en gardant la nostalgie d'un autre temps,
de l'homme qu'il fut autrefois.

Voilà, donc, outre le petit "coup de gueule",
vous pouvez constater que miss Flickii
continue de bosser "pianu a pianu" sur ses projets ! :D
(même s'il me faudrait des journées de 2x24h au moins, 
pour faire tout ce que je voudrais faire >___<)

Allez, trêve de bavardage, place à la musique. ^^

Marosuli Di Focu 
Les vagues de feu
Paroles : L'Arcusgi
Traduction : Flickii (et Minò, comme toujours ! ^^")


Marosuli di Focu - L'Arucusgi par Itashi2a


Issu vecchju arrimbatu à lu so muraglione
I so occhji turchini, bagnati di tristezza
U core strintu in pettu , à mez'à st'amarezza
D'addisperu ne stringhje u s'anticu bastone .

Un vieux adossé à une muraille
Ses yeux bleus, baignés de tristesse
Le coeur serré dans la poitrine, à demi noyé d'amertume
De désespoir il serre son vieux bâton.


In corsu d'estatina, ghjunse un mare di fume
Cun isse fiare di sangue, marosuli di focu
Stu trombu di spaventu, assalto ogni locu
Anneghendu in un lampu, una terra di lume .

En corse estival, il ne reste qu'une mare de fumée
Avec ces flammes de sang, des vagues de feu
Ce rugissement d'effroi, envahissant chaque lieu
Noyant en un éclair, une terre de lumière.


Isse pianure d'alive, issi valli di castagni
Piantati quand'ùn si sà, dà li mio antenati
Un si l'hanu francata, u focu l'hà stirpati
A mio terra si more, n'hè sentu i so lagni.
A mio terra si more, n'hè sentu i so lagni...


Cette vaste étendue d'olivier, ces vallées de châtaigniers
Plantés il y a si longtemps, par mes ancêtres
Tout ce qui a échappé au temps, le feu s'en empare
Ma terre se meurt, j'entends ses plaintes.

Ma terre se meurt, j'entends ses plaintes...

Mai più ùn vederaghju a l'autornu chi nasce
A ronda di e fronde chi ballanu per paghju
I prufumi di machja, ch'imbalsamanu maghju
So tante dolce stonde, chi sparghjenu a pace.

Je ne verrai plus, à l'arrivée de l'automne,
La ronde des feuilles, qui dansent par paire
Les parfums du maquis, qui embaument le mois de mai
Tant de doux instants, qui apportent la paix.


Si sguassanu i chjassi, chi bagnanu memoria
Un n'aghju più nisunu per intrattene stu locu
E ascolta sta chjama, ci vole cusi pocu
In la to manu stringhji, u filu di a storia .

Si s'effacent les sentiers, qui sont en mémoire
C'est qu'il n'y a plus personne pour entretenir cet endroit
Et l' écouter, cette terre qui veut pourtant si peu de chose
Dans tes mains se trouve, le fil de l'histoire.

I mio lochi so morti, ùn ne ferma che carbone
Quandu starete à sente, oghje sta riturnella
Chi purterà dumane, cun issa voce ribella

A l'intimu di l'esse, stu fiore di ragione ?
A l'intimu di l'esse, stu fiore di ragione ?
A l'intimu di l'esse, stu fiore di ragione ? …


Mon lieu est mort, il n'est plus que charbon
Quand s'arrête enfin, pour aujourd'hui, ce tourbillon
Qui portera demain, avec cette même voix en colère

À l'intime de l'être, la fleur de la raison ?
À l'intime de l'être, la fleur de la raison ?
À l'intime de l'être, la fleur de la raison ?

Angelù Wolff27

A prestù, amicacci ! :)

Flickii