L'anecdote remonte à quelques années,
mais l'effervescence autour du stade Armand-Cesari, ces derniers jours, m'a renvoyé à cette petite histoire, dont le souvenir me fait plutôt sourire.

Nous étions en plein été. Bidul et moi étions partis en excursion "ravitaillement" dans la proche
"banlieue" bastiaise. Comme on comptait les sous dans notre poche, on économisait
le prix du bus à l'aller...pour pouvoir s'acheter un Corsica-Cola bien frais au retour. :)

Après avoir fait un peu les marioles sur le chemin,
et dans les rayons du Géant Casino,
(pour faire la promotion macagneuse du saucisson d'âne corse... XD)
fiers de nos exploits, et la besace chargée, nous retournons dans notre bastion.

Notre esprit vagabond (qui a dit "sens de l'orientation foireux" ???)
nous ramène après quelques détours (le prochain qui rigole se prend un mug de thé vert dans sa faccia !!)
à un carrefour avec un arrêt de bus... et le même dans l'autre sens en face.
Après un long débat, une analyse du trafic automobile, nous choisissons celui qui
pourrait passer par le quartier du Toga et nous ramener ainsi jusqu'au centre ville.

Les minutes passent, à bavarder comme d'ordinaire,
de façon assez passionnée puisqu'on est bien les seuls
à errer à cette heure dans les parages apparemment.

Lorsque soudain, un grand bonhomme, surgi d'on-ne-sait-où,
traverse la rue pour venir s'asseoir à côté de nous.
Le frangin et moi jetons alors un oeil intrigué en direction
de ce nouvel intrus. Un grand bonhomme, je vous disais.
Presque aussi large que haut, un sacré gaillard !
Sa carrure robuste franchement bien soulignée par 
le T-shirt bleu et blanc qu'il arborait fièrement.

Il avait l'air d'avoir pas mal marché, lui aussi, sous ce soleil brûlant,
et, tout comme nous, avait un cabas bien rempli.

Nous n'étons donc pas les seuls fous à faire nos courses en plein aprèm.

Après avoir repris un peu son souffle, notre nouveau voisin
entame la conversation, en commentant justement la température
actuelle.

"Il cogne dur encore, à cette heure, ici !" commente-t-il.

"Ahé !"

Il tourne alors sa rustique figure dans la direction opposée de la nôtre

"Ohé, Croc-blanc ! Viens ici !"

C'est alors que l'on fait la connaissance d'un autre protagoniste,
que nous n'avions même pas remarqué.

Un chien de berger noir et blanc approche alors docilement.
Ses pattes de velours ne font aucun bruit sur le bitume,
comme si elles étaient complètement étrangères au revêtement du sol.
Un détail plus frappant encore : le magnifique T-shirt bleu et blanc
également arboré fièrement par l'animal.

D'une de ces paluches massives, son maître le lui enlève,
l'inspectant avec attention avant de commenter :

"Avant de descendre, il était trempé."

Alors, il sort de son sac une grande bouteille d'eau,
pour humidifier de nouveau le vêtement.

"Mais bon, j'allais pas le laisser au village non plus, eheu !" explique-t-il en même temps,
avant de remettre l'objet ruisselant généreusement sur le dos de l'animal,
qui s'ébouriffe, satisfait de cette douche improvisée.

"Il est supporter du Sporting, votre chien ?" lui demande-t-on, amusés.

"Bien sûr, il ne rate jamais un match.
Et vous savez quoi, les jeunes, ce soir on va gagner !
Pas vrai, Croc-Blanc ? "


Si vous me demandez comment nos duo respectifs ont pu se retrouver
à un même arret de bus pour aller dans des directions opposées,
je vous dirais que l'un des deux s'était trompé de sens.
Et sûrement pas celui des supporters bastiais.

Si vous me demandez les résultats du match, je n'en sais rien.

Toujours est-il, loin des débats divers et variés, alors que je ne suis
pas du tout l'actualité footballeuse quelque qu'elle soit,
voilà ce que je retiens de l'esprit du SCB.
Ainsi que cette chanson...

 

 Alors, quoiqu'il en soit...
"ça ne fait rien, on s'amusera !"

Salùte, amicacci ! :)

Avatar DonCarlo SCB