Yohoo, Moussaillons !

V'nez un peu par là, installez-vous où vous trouvez d'la place,que l'on vous conte un peu notre histoire !

Arrrh, nan, pas sur le tonneau de rhum, voyons...

Rooh, y'a pas assez d'espace sur ce quai
pour que vous veniez poser vos p'tits culs de mousse là où y'faut pas,forcément !

Sinon, qu'est-ce que l'on va boire pendant cette veillée, hein ?

Aucun sens pratique, les jeunes !

Bon, je disais quoi, déjà ?

...Nan, j'suis pas saoul : le tonneau, il est encore plein...

Quoi ? " Et, Celui d'à côté ? "...

...Encore une remarque de ce genre, et je vous fous tous à la cale humide,
pour mutinerie, insubordination envers un supérieur et diffamation devant des témoins !

Non, mais !

Alors, mes p'tits gars, vous voyez ce grand brick, en rade dans le port...

L'Annabella

Bien, c'est l'Annabella, notre navire ! Ah, mais, voyez-vous, c'est bien plus qu'un simple raffiot.
Il a du caractère, il est à la fois agile et rusé, et dans ces voiles soufflent toujours un vent des plus favorables.
Telle une compagne attentionnée, l'Annabella veille sur nos caboches, et nous fait toujours arriver à bon port.
Si nous continuons de voguer depuis tant d'années, on le doit en partie à cette gente dame.
En toute franchise, la vraie passion qui nous anime et nous mène inlassablement à reprendre la mer,
ce n'est pas que le gout de l'aventure, le risque qui jalonne nos aventures de flibustiers,
c'est l'Amour, moussaillons !
L'amour tendre qu'elle nous dédie et celui dévoué que nous lui offrons en échange. 

On dit que l'Annabella a une âme...
en tout cas, elle, ne connait qu'un seul amant,
et c'est notre Cap'tain ! Ah, quel chanceux, ce vieux rascal !

Angelù

Déjà, qu'à terre, il obtient facilement les grâces des demoiselles.
(Peuh, un clignement de ses beaux yeux, et il en a trois accrochées à chaque bras, le salaud !)
Mais, en pleine mer, il a constamment les faveurs de celle que nous chérissons tous.
Eh oui, l'Annabella ne connait qu'un amant, et c'est ce bon vieux Cap'tain Angelù !

Et celui qui chercherait à lui ravir sa bien-aimée ?... Ma foi, il faudrait qu'il tienne bien peu à sa vie.
Angelù, ce n'est pas un marin ordinaire : il a été élevé dans le maquis corse, et a une façon bien
à lui de se faire respecter... Il n'a jamais tué l'un de ses matelots, hein, mais, quelque fois,
il est vrai que c'est tout de même pas passé loin ! o__O

Il cause pas beaucoup, très peu en français d'ailleurs,
mais force est d'admettre qu'il sait se faire respecter, le Cap'tain !

Bon, moi, j'suis un gaillard bien dévoué, alors je n'ai aucune raison de le craindre outre-mesure.

Celui que je redoute davantage, c'est ce perroquet toujours fiché sur l'une de ses épaules : Pacò.

On a toujours l'impression qu'il nous surveille de son unique oeil intact... Et d'ailleurs,
il ne manque jamais une occasion de venir vous pincer les doigts ou de pousser un de ces cris perçants
à vos oreilles, si vous osez approcher trop près de la gouverne.
C'est à se demander si Angelù ne l'a pas un peu dressé pour ça, d'ailleurs...
En tout cas, c'est bien le seul à ne pas redouter les colères du Cap'tain...

Enfin, mis à part, Don Carlo, l'Italien.

Charles

Facile à reconnaître, c'est celui qui a un foulard sur la figure et un très long chapeau.

Parfois, rien qu'à le voir déambuler de la sorte sur le pont, avec sa chemise boutonnée
jusqu'au menton, il me donne une de ses suées ! Et puis, du coup,
ça le rend sacrément mystérieux,... surtout que pour un rital, il n'est vraiment pas causant.
Je me demande vraiment ce qu'il cache sous ce lourd costume, et réfléchir,
moi, ça me donne à la fois chaud... et soif !

 

Hmm... Scratch, scratch !
Suite des présentations de l'équipage demain soir, moussaillons.
Parce que là, je ne suis plus trop en état !

 

"Salùte", comme il dit le Cap'tain !

 

*Ronfle, Ronfle, Ronfle *